Rien à voir avec “le loft” !

Plongée profonde ce matin. Une épave qui repose à cinquante mètres au plus bas. Le temps fond sera court et l’épave du Luana est longue. La visite sera partielle.
Ce navire a sauté sur une mine en mille neuf cent quarante sept. Erreur de navigation, il passera dans un endroit non encore déminé après la guerre.
Je loue une bouteille de déco. Je me protège, je gratte un peu de temps au fond et puis si jamais je me retrouve tout seul encore une fois je préfère avoir du gaz en abondance, vue la profondeur. Je demande du soixante pour cent. Ils font cinquante. J’aurai quarante six. Un peu de contre diffusion mais ça ira. Gonflage en direct.

Je retrouve le groupe d’allemands de mardi. Il y en a deux nouveaux qui sont même venus avec leur scooter ! C’est dingue le matériel qu’ils trimballent.

Une fois le bateau sur site c’est free style comme avant hier alors je ne me pose pas de questions. Je me fous à l’eau entre deux allemands, et je coule direct. Pas de binôme. Fais ta vie, je commence à apprécier 🤪.
Je visite sans effort, il n’y a pas de courant. Je ne me reconnais pas : aucune envie ni précipitation d’aller toucher le sable à cinquante. Je n’irai pas plus bas que quarante quatre. Blasé ?
Les structures sont belles, bien conservées et pleines de concrétions et de petites moules. Quelques petits poissons se promènent. Sur tous les sites il y a mes copines les castagnoles.


L’épave n’est finalement pas très longue et à part la proue, arrachée par l’explosion et posée un peu plus loin, je ferai le tour. Cool.
Au bout d’un quart d’heure (tout seul au fond) j’ai déjà dix minutes de temps de remontée. Je tente de trouver le trou pour pénétrer l’épave mais je sais que je ne le ferai pas. Il me reste seulement une poignée de minutes fond et je n’ai pas de binôme. Ca serait un plan à la con.


La remontée commence. Une dernière image globale (impossible à la descente, trop de bulles sous moi, un binôme m’avait précédé).

Vers vingt mètres je bascule sur la pony. C’est toujours un plaisir de respirer un air plus léger et plus frais.
Au palier je me rends compte que j’ai des passagers clandestins. De minuscules crabes (ou je ne sais quoi, ça ressemble plus à un termite) sont accrochés à ma manche.

Sur le bateau je réaliserai que j’en ai des dizaines, partout sur la combinaison.
Bilan : une belle épave, profonde mais pas trop sombre, difficile à pénétrer sans configuration lourde (et un binôme !) et une sale coupure à la main lors d’un rétablissement sur les structures. Je ne me suis pas raté mais grâce à l’iode aucun risque d’infection.


L’album complet est visible ici