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Regrets

Le récif grouille de vie

Plongée 9. Site Koh bon

Les plongées s’enchaînent, la combinaison n’a plus le temps de sécher.

Je me jette à l’eau et je décide de vivre un peu ma vie. Je surveille simplement John du coin de l’œil pour ne pas me retrouver trop loin mais les plongées sont tellement tranquilles que je ne risque rien. On dépasse tout juste les vingt mètres.

Les oreilles passent bien mais sont douloureuses en fin d’équilibrage.

Trois murènes géantes en moins de dix minutes. John trouve quelques jolies crevettes sous du corail.

Je glisse vers le sable, plus bas que tous les autres et je vois passer un serpent (Laticauda colubrina) d’environ cinquante centimètres. Les plus grands font deux mètres. Il ondule tranquillement à fleur de sable. Je serai le seul à le voir.

Comme il n’y a pas de gros (je renonce à voir la manta) je m’intéresse aux plus petits. Et je vais faire de multiples rencontres. Trois balistes titan qui fouillent le sable. En apnée, j’approcherai l’une d’elles à moins de vingt centimètres. Les yeux dans les yeux (elle me surveille quand même), tous les deux la tête en bas. Technique pour déjeuner : elle pulse un jet d’eau, ça soulève le sable, elle attrape le corail avec la bouche, le sort du trou et le casse avec ses dents pour manger je ne sais quoi dedans.

Je croise un diagramme ! J’en avais vu des bans entiers aux Maldives (voir Du chou) mais celui là est solitaire.

Quelques dominos mais pas assez pour se faire une partie 🤪

Un gros ban de fusiliers, dos jaunes et ventres bleus me frôle. C’est un peu un mix de ceux vus précédemment (C’était quand déjà ? Hier ? Avant hier ?)

Un beau poisson perroquet indien d’un bleu iridescent splendide , que je frôlerai aussi en apnée. Deux autres perroquets bruns (Scarus niger) très reconnaissables avec leur tache proche de l’œil.

Et puis, autour du corail, quantité de tous petits, un à cinq centimètres, bleu pâle ou orange pâle (probablement Peudanthias squamipinnis) qui donnent du mouvement au corail, immobile.

Je vois les autres remonter. Je quitte le fond à grand regret, les yeux pleins de couleurs et de souvenirs. Cent dix bars dans la bouteille. Cinquante minutes. J’aurais pu rester une heure et demie dans l’eau.

Lorsque je remonte sur le bateau je trouve mes lunettes en deux morceaux dans la boîte. Une branche à part du reste… Comme je ne vois rien sans, je pense que c’est cassé. Avec mes lunettes de secours je me rends compte que c’est uniquement la petite vis qui s’est dévissée. Un coup d’Opinel et c’est réglé. Ouf !

Onze heures et demie, je meurs de faim.